CINEMAROC

festival khouribga 14

La 14ème édition du Festival de Khouribga

Khouribga accueille la 14ème édition de son festival du cinéma africain dans un esprit de continuité conforme ses principes fondateurs  avec une programmation qui trace en filigrane le projet d’un développement possible du cinéma africain. Autour d’une compétition officielle ouverte sur la diversité de la production africaine, cette édition propose, en effet, une programmation riche et variée avec un premier point d’orgue illustré par les hommages rendus à deux figures de proue du cinéma africain : le réalisateur Hakim Nouri (Maroc) et Idrissa Ouédraogo (Burkina Fasso).

Des films, des débats et des échanges dans une ambiance conviviale  empreinte de chaleur africaine et d’hospitalité marocaine.

Films en compétition pour cette 14ème édition :

En attendant le vote … de Missa HEBIE (Burkina Faso) 2011
Le poids du serment de Kollo D. SANOU (Burkina Faso) 2011
La conquête de samanyana de Sidy F. DIABATE (Mali) 2010
Le Mec idéal de Owell BROWN (Cote d’Ivoire) 2010
Le dernier vol du Flamand Rose de Ribeiro JOAO (Mozambique) 2010
Un pas en avant- les dessous de la corruption de Sylvestre AMOUSSOU (Bénin) 2010
Palmiers blessés de Abdellatif Ben Ammar (Tunisie) 2010
Voyage à Alger de Abdelkrim BAHLOUL (Algérie) 2010
Chacun sa vie de Ali ghanem (Algérie) 2010
Six, Sept, Huit de Mohammed DIAB (Egypte) 2010
Microphone de Ahmed ABDALAH(Egypte) 2010
Majid de Nassim ABBASSI (Maroc) 2010
La 5 ème corde de Selma BARGACH (Maroc) 2010

Jury du festival

Mustafa Mesanoui (Président) avec Mariame Khoury (Egypte) – Najat el Wafy (Maroc) – Balufu Bakupa Kanyinda (Congo) – Didier Boujard (France) – Mansour Soura Wade (Sénégal) et Mohamed Mouftakir (Maroc).

Films en compétition

Majid de Nassim Abassi (Maroc)

Le film raconte l’histoire de Majid, un enfant orphelin agé de dix ans qui travaille comme vendeur de livres et cireur de chaussures dans les rues de Mohammedia alors que son grand frere Driss reve de partir en Europe.  L’enfant part à Casablanca dans un voyage plein de dangers à la recherche d’une photo de ses parents et de ses souvenirs d’eux. On découvrira ses aventures dans le film qui compte aussi la participation de plusieurs acteurs marocains connus comme Abdellah Lamrani, Abderrahim Tounsi, Mohammed Ben Brahim, Aicha Mah Mah ainsi que des nouveaux visages dont l’enfant Brahim Al Bakali, Lotfi Saber et Wassim Zaidi.Nassim Abassi a effectué ses etudes cinématographiques en Angleterre et il a déja produit et réalisé plusieurs court-métrages en Angleterre et au Maroc qui ont été selectionnés dans des festivals internationaux.  Son premier long-métrage Anglais “ The Winter Sun is a Lie’ a reçu le prix du meilleur film au festival international du cinema digital de New Delhi en 2005.  Le dernier film qu’il a écrit et réalisé est le  thriller Marocain ‘Bila hudoud’ – Hors Limites – (2008) dont le personnage principal Yousra, était incarné par l’actrice Marocaine,  Alia.

EN ATTENDANT LE VOTE… de Missa HÉBIÉ

Dans un pays africain imaginaire, le président dictateur Koyaga trouve refuge dans son village natal après un attentat. Une longue veillée est organisée en son honneur mais Koyaga se voit obligé d’y écouter les féroces critiques liées à ses 21 ans de pouvoir sans partage. Ce long récit purificatoire est nécessaire en vue des
prochaines élections…

 Après 21 ans de pouvoir absolu sur la République du Golfe, le Maréchal Président Koyaga est victime d’un attentat, réel cette fois. Il trouve alors refuge dans son village. Pour récupérer la météorite de sa maman Nadjouma et le Saint Coran du marabout Bokano, les deux fondements de son “pouvoir”, Koyaga, le maître chasseur, doit faire réciter son donsomana lors d’une veillée purificatoire menée par le Griot musicien de la confrérie des chasseurs et Tiécoura son répondeur.

Lors de cette longue nuit “cathartique”, toute la vérité devra être dite sur ses origines “mythiques”, sa dictature tyrannique, ses mensonges et ses innombrables crimes et assassinats.

Pendant cette même nuit, Dalméda, le chef des opposants, sera contraint de franchir la frontière pour échapper à la répression des lycaons, les hommes de main du Président Koyaga. Lors de ce voyage en pleine brousse, en compagnie d’un camarade sympathisant et d’un journaliste, Dalméda témoignera de ses nombreuses années de lutte contre le régime dictatorial de Koyaga.

Réal : Missa Hébié

avec
Barou Oumar OUÉDRAOGO (Koyaga), Serge BAYALA (Dalméda), Samira SAWADOGO (Abiré), Maxime SAWADOGO (Sama), Ibrahima MBAYE (Maclédio), Habib DEMBÉLÉ (Tiécoura), Smockey (Fricassa), Kary COULIBALY (Griot), Amélie WOUABEI (Zalissa), Désiré YAMÉOGO (Mensah), Roger WANGO (Yao), Sékou SIDIBÉ (Paul), Serges HENRI (Bérou), Lucas FUSI (Responsable FMI).

POIDS DU SERMENT (LE) | NYAMA - Sarati, le poids du serment [Working title] de Kollo Daniel SANOU ( Burkina Faso)

Acteurs : Yéri Nadine KAMBOU – Bintou SOMBIÉ – Fousséni SISSOK - Serges HENRI - Mamadou ZERBO - André BOUGOUMA – Yao Norbert ETRANNY - Abdoulaye KOMBOUDRI - Pierre Ernest ROUAMBA - Toussaint TIENDRÉBÉOGO - Durée : 87 minutes – Genre : drame Type : fiction.

Deux amis, Nyaman et Sibiri, sont membres de la confrérie des Dozo. Ce sont des chasseurs traditionnels très connus au Burkina Faso, au Mali, en Côte d’Ivoire et ailleurs à l’Ouest du continent. C’est un peu comme un conte mais sur la vie, où il y a de l’amour, de la passion, la trahison, des engagements qui ne sont pas souvent respectés.

Nyama et Sibiri sont membres de la confrérie des chasseurs
Dozos. Mais par amour pour Sarah, Sibiri propulse son ami dans un puits et va annoncer sa mort comme étant survenue au cours d’une partie de chasse. Peine perdue. Car, plusieurs mois après, Nyama
revient au village en compagnie d’un groupe de religieux, mais amnésique. Une confrontation a lieu avec Sibiri qui, pour l’avoir cru
mort, devient fou. Nyama, lui, recouvre la mémoire. Mais
son engagement dans une secte ne lui permet pas de se soumettre à un rite animiste supposé le purifier.


Scénario/Script : Kollo Daniel SANOU
Interprètes/Actors : Bintou Sombié, Fousséni Cissoko (ou Fousséni Sissoko), Mamadou Zerbo, André Bougouma, Etrany Norbert Yao, Serges Henri, Abdoulaye Komboudri, …
Durée/Length : 1h27 min
Format : 35 mm

TITRE ORIGINAL : EN ATTENDANT LE VOTE…
D’après le roman “En attendant le vote des bêtes sauvages“, de Ahmadou KOUROUMA

Fiction
 GENRE : Politique
 DUREE : 1h40 minutes
 FORMAT : 35 mm

 ADAPTATION (scénario) :
-Missa HÉBIÉ, Burkina Faso
- Marcel BEAULIEU, Québec/Canada 

Avec la participation de :
 SUD ÉCRITURE Tunisie et
-Jacques FIESCHI Scénariste France

 RÉALISATION : Missa HÉBIÉ

 PAYS : Burkina Faso
PRODUCTION : FASO Films & Com.

MICROPHONE de Ahmad ABDALLA (Egypte – 2010)

Acteur : Khaled ABOL NAGA – Producteur : Mohamed HEFZY – Scénariste : Ahmad ABDALLA – Durée : 120 minutes- Genre : musical  - Type : fiction

Khaled retourne à Alexandrie après des années d’absence. Par pure coïncidence, Il rencontre des chanteurs de Hip Hop sur le trottoir, des musiciens de Rock sur les toits d’anciens bâtiments, et des jeunes qui peignent des panneaux de Graffiti sur les murs la nuit.

Couleur : 2h00′
 Réalisation : Ahmed ABDALLA
 Scénario : Ahmad Abdalla 
Image : Tarek Hefni
 Son : Ahmed Saleh
 Montage : Hesham Saqr
 Interpretation : Khaled Abol Naga, Menna Shalabi, Yosra El Lozy 
Production : Mohamed Hefzy, Khaled Abol Naga.

film: pour son audace, sa jeunesse, l’efficacité de sa musique, la richesse de ses personnages dans une société qui refuse de leur octroyer la place qu’ils revendiquent le jury décerne le tanit d’or au film  | Toronto Intl Film Festival – 2010
* Official selection
* Vanguard Program

2010 | Vancouver Intl Film Festival – 2010
* Official selection

2010 | Dubai Intl Film Festival – 2010
* Official Competition.

DERNIER VOL DU FLAMANT ROSE (LE) O último voo do Flamingo Joao RIBEIRO (Mozambique)

Réalisateur : Joao RIBEIRO – Monteur : Orlando MESQUITA – Durée : 90 minutes – Genre : drame  - Type : fiction

Tizangara, petit village de l’intérieur du Mozambique, premières années de l’après-guerre civile. Cinq explosions. Cinq morts, des soldats des Nations Unies dont on ne retrouve que les organes génitaux et le caractéristique casque bleu des soldats de la paix.

”Pour connaître la vérité, n’interrogez pas les gens, interrogez la vie”. C’est ce que qu’affirment les villageois à l’enquêteur étranger envoyé par les Nations Unies pour élucider ce mystère.

35 mm, 90′ – adaptation d’une nouvelle de Mia Couto

Ecrit et réalisé par Joao Ribeiro
Coécrit avec Gonçalo Galvao Teles.

PALMIERS BLESSÉS (LES)  de Abdellatif BEN AMMAR (Tunisie)

Acteurs : Rym TAKOUCHT -: Leila WAZ - Producteur : Nadia CHERABI et Abdelaziz BEN MLOUKA – Durée : 106 minutes – Type : fiction.

Bizerte, hiver de l’année 1991.
La1ère guerre d’Irak se prépare dans la tension internationale.
 Un écrivain tunisien confie la dactylographie d’un manuscrit autobiographique à une jeune fille “Chama” à la recherche d’emploi.
 A la faveur du contenu du livre, la jeune “Chama” ressent le besoin de plonger encore plus dans les évènements de la guerre de Bizerte, d’autant plus que son père, patriote volontaire, y perdit la vie. Elle découvrira…

 Aux gré des rencontres, Chama fera la connaissance des vieux militants et camarades de son père, témoins aigris par le temps, las de taire la vérité sur les évènements enfouis dans leur mémoire.
Elle se liera aussi d’amitié avec le mari de son amie Nabila, Noureddine, un musicien algérien désabusé et lucide à la fois, qui a décidé de se réfugier en Tunisie.
 A travers la dactylographie du manuscrit du vieux romancier, elle découvre petit à petit comment des “intellectuels” sans scrupules peuvent falsifier l’Histoire à des fins de pouvoir et d’honneurs immérités.
Mais, est-il suffisant de découvrir la vérité? 
La jeune femme, au risque de bousculer l’ordre des choses et enfreindre les tabous, dénonce la forfaiture et impose finalement une version de l’histoire plus proche de la vérité.

Interprétation
: Leila Ouaz : Chama
 Néji Nejah : Hechmi ABBES
 Hassen Kechache : Noureddine
 Rym Takoucht : Nabila
- Jawher Basti : Khalil 
- Aida Guechoud : Saïda
Dalila – Meftahi
Yassine – Khetita
 Slah – Msaddek
 Taoufik – El Behi 
Fethi – Mselmani
 Salah ben Youssef
- Fethi Akkari
 – Taoufik El Bahri
- Ridha Boukadida
. Invités d’honneur :
Nouri Bouzid
 – Nja Mehdaoui – 
Hammadi Ben Saâd
 – Shgaier Ouled Ahmed
 – Khaled Tébourbi
- Lassaâd Ben Abdallah

. Participation exceptionnelle : Rachid Tarrès
 – Larbi Zekal – 
Aissa Harrath – 
Slim Mahfoudh


. Scénario et dialogues : Abdellatif Ben Ammar – 
Musique : Farid Aouameur
 – Chant et Paroles : Aida Niati
 – Directeur de la Photographie: Christophe Paturange – 
Ingénieur de Son : Faouzi Thabet
 – Chef Décorateur : Taoufik El Béhi
.

UN PAS EN AVANT, LES DESSOUS DE LA CORRUPTION de Sylvestre AMOUSSOU Arcade ASSOGBA Raymond AIKPE (Bénin)

Durée : 105 minutes – Genre : comédie -Type : fiction.

Un petit artisan disparaît. Son frère, épicier, le recherche. Surprise ! Ce dernier tombe sur un détournement de l’aide humanitaire. Quelqu’un se remplit les poches. Mais qui ? Et que vient faire là-dedans le petit artisan ? Une histoire rocambolesque qui mettra à nu la mascarade de personnes sans scrupule, qui prétendent oeuvrer pour l’humanitaire ?

Une parodie sur la corruption, le détournement de l’aide humanitaire, de l’aide publique au développement et d’autres ressources destinées aux peuples. En abordant aussi les transactions de vente d’armes qui alimentent les guerres civiles, le film expose les conséquences de toutes ces pratiques malsaines sur les populations. Les rôles des ONG, des missionnaires des temps modernes et des décideurs institutionnels y sont dénoncés.

 Bénin, 2010, 1h45min

 Avec
 Sylvestre Amoussou, Thierry Desroses, Sandra Adjaho, Sidiki Bakaba, Dieudonné Kabongo, Rokhaya Niang, Firmine Richard, Fatou Ndiaye, Pascal Nzonzi, Mariame Kaba, Sandrine Bulteau.

 Réalisateur : Sylvestre Amoussou
 Scénario : Pierre Sauvil sur une idée de Sylvestre Amoussou
 Scripte : Sandrine Bourgoin 
Chef Opérateur : Julien Roux 
Son : Julien Chaumat
Producteurs : Sandrine Bulteau, Sylvestre Amoussou.

MEC IDÉAL (LE) de Owell BROWN (Cote d’ivoire)

Estelle est une belle jeune femme très entreprenante qui a choisi contre l’avis de ses parents d’opter pour son propre business : “un salon de coiffure”, dans lequel elle s’investit entièrement. Malheureusement en amour, Estelle ne connaît pas le succès qu’auraient mérité à la fois sa beauté, son intelligence et surtout sa pureté. Dans son quartier pourtant, un jeune gérant de pressing du nom de Marcus est éperdument amoureux d’elle et semble souffrir en silence car il a du mal à obtenir ne serait-ce que l’amitié d’Estelle.

Long métrage de Owell Brown

Côte d’Ivoire, 2010

Scénario/Script : Owell A. Brown, Raymond Ngoh ;
Images/Pictures : Célestin Kalet ;
Son/Sound : Gaston Mobio N’Ggoba ;
Montage/Editing : Sandrine Treso ;
Musique/Music: Extazy – Mike Danon
Décor/Set design: David Zonehi

Interprètes/Actors: Emma Lohoues, Mike Danon, Serge Abessolo
Durée/Lengh: 1h50 mn
Format : 35 mm

Acteurs: Rôles principaux: 
: Estelle : Emmanuelle LOHOUES
Marcus : Mike DANON
William (Bill) : Serge ABESSOLO. 

Rôles Secondaires : 
Rebecca : ROSINE DESLAND
La mère d’ESTELLE : MARIE LOUISE ASSEUE
Le père d’Estelle : BIENVENUE NEBA
Joë (frère aîné d’ESTELLE) : ADJI GBESSI
Aymar (petit frère d’Estelle) : DJAMAL POCKPA
Nina : AMI BRULE
.

Chacun sa vie  de Ali Ghanem (Algérie)

Après 3 ans de tournage et plus de 7 ans de préparation, le film Chacun sa vie de Ali Ghanem est enfin achevé, un peu grâce au commissariat d’«Alger, capitale de la culture arabe». Tourné en partie en France et une autre en Algérie, ce long métrage tire son essence d’un autre film réalisé par Ali Ghanem en 1997. C’est l’histoire de deux amis algériens originaires de Jijel, partis à 40 ans tenter leur chance en France. Un film qui traite, notamment de la solidarité entre ouvriers français et algériens. Il s’agit de L’Autre France. Si l’un deux finit par décéder et son corps est rapatrié en Algérie, le second se mariera et aura une vie prospère. Il rêve après sa retraite de rentrer au bled. Or, sa femme et ses enfants, étant nés Français, ne l’entendent pas de cette oreille. Pour eux, leur pays, c’est la France.

Ceci est le versant de l’histoire de Chacun sa vie qui nous plonge de plain-pied dans le quotidien d’une famille ordinaire, immigrée en France, avec ses hauts et ses bas, son train-train, ses colères et ses ras-le-bol..«Je n’ai pas voulu montrer les Maghrébins tels qu’ils sont décrits habituellement, c’est-à-dire vivant dans des bidonvilles et subissant le racisme. Je montre plutôt une famille standard», nous expliquera Ali Ghanem lors d’une interview réalisée en 2005.

Entre passé et présent, des images de L’Autre France surgissent et viennent accompagner dans sa rêverie notre vieil immigré. Nous retrouverons ces deux amis des années plus tard, en effet, dans Chacun sa vie. Le père, Rachid, campé avec finesse par Ahmed Taybi, travaille dans une morgue, sa fille prend des cours de piano, le garçon, 20 ans, traîne un peu avec ses copains tandis que la seconde fille, 30 ans, divorcée, est à la charge de la famille. Mais elle finit par prendre conscience de son individualité, quitte le cocon familial et va s’installer à Marseille où elle travaillera dans la boutique d’une amie. Le film d’une heure trente minutes prend le temps de nous transporter dans les rues de Paris mais aussi d’Alger au gré des flâneries de son acteur principal. Il y a comme un air de nostalgie qui plane dans ce film où l’envie de partir est écrasante dans le regard de ce vieux qui s’obstine à vouloir rentrer à tout prix, maintenant que sa vie est derrière lui et qu’il a fini par prendre sa retraite et vu ses enfants grandir. «Je veux les protéger!» dira-t-il à sa femme alors que celle-ci lui reproche d’avoir attendu que sa fille obtienne une bourse pour qu’il l’invite enfin au restaurant. Chacun sa vie se veut aussi un témoignage et un vif hommage aux ouvriers algériens qui ont sacrifié leur vie pour subvenir aux besoins de leur famille. Un film touchant qui pourrait interpeller plus d’un…

678 (Six, Sept, Huit) Egypte // 2010 // Couleur // 100’
vo arabe,st ang/fr

Pour ses débuts dans la réalisation,Mohamed Diab signe en même temps le premier film égyptien explicitement consacré au fléau social du harcèlement sexuel à l’encontre des femmes. Trois personnages féminins, de conditions sociales différentes, finissent par s’unir dans un même combat. Victimes révoltées, elles témoignent du sort indigne que le sexisme de cette société, soutenu explicitement par la religion et implicitement par l’appareil d’Etat, réserve quotidiennement aux femmes, sans espoir de réparation.

SCÉNARIO: Mohamed Diab – IMAGE: Ahmed Gabr – MONTAGE: Amr Salah El din – SON: Jörg Theil – MUSIQUE: Hani Adel – AVEC: Bushra, Nelly Karim, Maged El Kedwany, Nahed El Sebai, Bassem Samra, Ahmed El Feshawy.

La 5ème corde de Salma Bargach (Maroc)

« La 5ème corde » tente de retracer le parcours créatif de Malek, jeune luthiste passionné. Ce sujet me tient à cœur depuis longtemps, non seulement parce qu’il touche une dimension culturelle et artistique de l’humain, mais aussi par ce qu’il évoque le périple chaotique d’un homme pour arriver à vivre sa passion et son désir de création. 

Tout au long de sa route, Malek est confronté à un personnage paradoxal : son oncle, maître de musique, prêt à tout donner mais aussi à tout reprendre. Au fil des scènes, l’apprentissage du maître évoque le respect des valeurs culturelles et la transmission d’un savoir faire d’une génération à une autre. Il enseigne un art savant et raffiné qui reflète un des aspects les plus brillants de la civilisation marocaine, la musique arabo andalouse. 

Tout au long du film, deux histoires sont entremêlées, évoquant ainsi la similitude du parcours de Malek, musicien talentueux de oud qui alliera dans un style très personnel la rigueur formelle et l’attirance pour la modernité, et le destin d’un musicien exceptionnel, Zyriab, qui rajouta en l’an 822 une 5ème corde à son luth pour renouveler une musique traditionnelle. Deux personnages partagés entre passion et possessivité, entre colère et acharnement… Avec, pour Malek, la difficulté de se soumettre aux directives d’un maître.

La route de Malek le mène vers sa propre créativité et la fabuleuse possibilité de la faire évoluer. Il sera aux prises avec ses doutes et se retrouvera face à lui-même à travers ce qui lui importe le plus : la musique.

Malek devra s’élever, accepter le doute et les errements, mais aussi ce qui s’offre à lui, la générosité autant que l’adversité et les obstacles. Sa traversée du désert est aussi un voyage initiatique où il se découvre en même temps qu’il rencontre son aimée. Ensemble, ils aspirent à trouver leur place dans le monde. Malek fait partie de ces personnages qui défient la norme, dont la personnalité les pousse à s’affronter aux autres, et qui malgré leur statut incertain, n’ont rien perdu de leur humanité ni de leur capacité à s’émouvoir et à créer. 

Malek a une vie ordinaire et un don extraordinaire dont il n’a pas conscience. Son parcours jalonné d’épreuves est aussi celui de centaines de jeunes qui vivent en marge de la société parce qu’ils sont incompris ou bien qu’ils n’ont pas de soutien. Mais c’est aussi celui de jeunes qui ont gardé l’espoir, qui ont su s’inscrire dans une énergie fertile et dans une nouvelle mouvance.

Le film se termine sur une note d’espoir. Le musicien et sa musique, c’est aussi le souffle d’une nouvelle musique, une nouvelle façon de voir une culture enracinée depuis des siècles, un regard qui cherche la tolérance dans une volonté d’échange et d’enrichissement.

La 5ème corde, c’est bien sûr aussi la recherche de soi.

« Voyage à Alger » d’Abdelkrim Bahloul (Algérie, 2009, 1h37’)

Un très beau portrait de femme. Un film courageux, aux antipodes de l’hagiographie et de la légende. S’inspirant d’une histoire réelle, Abdelkrim Bahloul décrit les abus du pouvoir, la résurgence des rapports de force, dans les premières années de l’Algérie indépendante. Peu de films algériens ont ainsi remonté le passé pour montrer l’envers du décor.

L’histoire est quasi autobiographique. Une veuve de chouada décide de se rendre à Alger pour rencontrer le président Ben Bella et réclamer ses droits. En effet, on veut la chasser de la maison qui lui a été donnée par le propriétaire à son départ pour la métropole, l’ancien administrateur français de la ville, beaucoup plus humain que les militaires qui ont assassiné son mari. Elle rencontre Boumediene, son bras droit qui intervient en sa faveur. Le film raconte les années qui suivent l’indépendance, époque peu traitée au cinéma, avec son cortège d’injustices et d’épuration.

Hommages:

Des hommages furent rendus à eux cinéastes : Hakil Nouri (Maroc et Idrissa Ouedraogo (Burkina Fasso).

Hommages aux disparus : Tahar Cheriaa – Charles Mensah et Ahmed Bouanani.

Un colloque : Naisance Africaine en marche: Le Centre panafricain du cinéma et de l’audiovisuel à Dakar.

Une section Panorama: avec laprogrammation de 6 films: Le vélo de Hamid Faridi-  Où vas-tu Moshé de Hassan Benjelloun – Tamazirte ou fella de Mohamed Mernich – Swingum de Abdalla Toukouna – Le clandestin de Said Naciri et La mosquée de Daoud Oulad Syad.

Les publications : Sept publications seront présentées lors de cette édition.

Ateliers

Le montage animé par Latifa Namir, Le scénario par Jamal Belmejdoub, la direction de photo par Fadel Chouika , Le montage (le concept et l’esthétique)

Abdellatif Regani et l’analyse filmique  Lamjid Toumiret.

Palmarès de la 14 édition

Le réalisateur égyptien Mohamed Diab a remporté samedi le Grand Prix Ousmane Sembène de la quatorzième édition du Festival du cinéma africain de Khouribga pour son film « Six, Sept, Huit », a constaté l’envoyé spécial de l’Agence de Presse sénégalaise.

Le prix est doté d’une attestation et d’une enveloppe de 70 mille dirhams (environ 4 millions de francs CFA). Pour cette récompense et le reste du palmarès de la compétition, le jury présidé par l’écrivain et critique marocain Mustapha Al Masnaoui a dit les avoir attribué ‘’à l’unanimité’’. 13 films de 9 pays étaient en compétition.

Sur fond de critique sociopolitique, le film de Mohamed Diab révèle un côté âpre de l’Egypte que le monde à jusqu’ici peu perçu. Il raconte la poignante histoire de trois femmes et leur recherche de justice pour lutter contre l’agression sexuelle quotidienne en Egypte. Toutes les scènes ont lieu dans l’autobus numéro 678.

Deux mentions spéciales ont été décernées à Lotfi Saber (Majid), ‘’un acteur naturel au jeu spontané et espoir de voir éclore en lui un grand acteur’’ et au film ‘’Un pas en avant – Les dessous de la corruption’’ de Sylvestre Amoussou pour avoir traité d’un ‘’sujet sensible’’.

Le palmarès complet de la quatorzième édition du festival de Khouribga :

— Grand Prix Ousmane Sembène : ‘’Six, Sept, Huit’’ de Mohamed Diab (Egypte)

— Prix spécial du jury : ‘’La 5ème corde’’ de Selma Bargach (Maroc)

— Prix de la meilleure réalisation : ‘’Les palmiers blessés’’ d’Abdellatif Ben Ammar (Tunisie)

— Prix du scénario : ‘’Voyage à Alger’’ d’Abdelkrim Bahloul’’ (Algérie)

— Prix de premier rôle féminin : Emma Lohoues dans ‘’Le mec idéal’’ d’Owell Brown (Côte d’Ivoire)

— Prix du premier rôle masculin : Mike Danon dans ‘’Le mec idéal’’ d’Owell Brown (Côte d’Ivoire)

— Prix du deuxième féminin : Nahed El Sbai dans ‘’Six, Set, Huit’’ de Mohammed Diab (Egypte)

— Prix du deuxième rôle masculin : Ibrahima Mbaye dans ‘’En attendant le vote’’ de Missa Hébié (Burkina Faso).

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