Je vous propose ci-dessous un texte qui constitue une synthèse de 5 papiers rédigés par Hamid Bennani, Saâd Chraïbi, Latif Lahlou, Aziz Salmi et Lahcen Zinoun.
Ce texte est destiné à la presse écrite. Il sera traduit en Arabe et adressé à plusieurs journaux en Français et en Arabe. Il est prévu de le signer collectivement.
DEFENDRE LE CINEMA MAROCAIN
De tout temps le cinéma marocain ou les films marocains ont fait l’objet de critiques, donc d’intérêt, aussi bien de la part des professionnels eux-mêmes que de la part du grand public et surtout de la presse écrite et des médias. Il ne se passe pas un jour sans que des articles, souvent d’information, rarement d’analyses et régulièrement de critiques paraissent.
Ces critiques et donc cet intérêt témoignent d’un engouement qui est la preuve de la vitalité de ce cinéma et de ces films. Cet engouement fait face à des articles rédigés par trois sortes de plumes; des journalistes innocents qui se limitent à transmettre l’information; quelques critiques qui essayent tant bien que mal de déchiffrer les codes des films à partir de leurs références sémiologiques, culturelles et cinématographiques et surtout des journaleux véreux qui dans leurs brouillons font l’amalgame entre les films et les réalisateurs qui les ont commis.
Depuis un certain temps, certains journalistes s’en donnent à cœur joie à des attaques tous azimuts contre des cinéastes, contre des collègues journalistes et d’autres personnalités de la société civile. Nouveaux justiciers sans peur et sans reproche, ils se croient tout permis et s’acharnent sur ce qu’ils croient être une cible idéale…
Mais qu’est-ce qui les fait courir ainsi ? La recherche de la vérité ou la passion de l’investigation et de l’analyse ? Quel que soit le motif, ces exercices doivent se faire en toute sérénité, sans emballement, sans violence.
Le journaliste doit bannir tout excès et abus de langage, et encore plus, éviter de se délecter dans un verbiage de tortionnaire. Il ne doit se substituer ni au policier ni au juge. Savoir poser les vraies questions sans préjuger des réponses.
La légitime liberté d’expression que réclame nos journalistes ne doit pas se faire en dépit de toute déontologie. Malheureusement certains journalistes sont pris au piège de la course effrénée à l’audience.
Ne sont-il pas devenus les otages des marchands de papiers imprimés qui encouragent “la chasse au scoop”, au détriment des principes les plus élémentaires de l’éthique. Il faut vendre et réaliser un chiffre d’affaire de plus en plus grand.
Est-ce le but du journalisme ? Commerce et vérité font-ils bon ménage ?
Il faut mettre en garde les patrons de presse contre cet abus journalistique permanent que connait le Maroc ces dernières années, il n’est pas possible de laisser des stagiaires se faire leurs premières dents au détriments de la culture et la création marocaine. Car c’est ce qui se passe dans la pluspart des journaux. On oriente des stagiaires vers l’artistique plutôt que d’autres disciplines , pensant que c’est plus facile et surtout sans conséquence.
Le cinéma marocain ou les films marocains vrais, sincères et authentiques ont été, sont et resteront au dessus de cette mêlée médiocre, pendant que les faux journalistes continueront à se battre contre les faux films et les faux professionnels. La preuve en est ce déferlement d’articles et d’insultes à l’égard des films marocains et surtout des artistes marocains.
Le cinéma Marocain ou les films Marocains vrais, sincères et authentiques ont été, sont et resteront au dessus de cette mêlée médiocre, pendant que les faux journalistes continueront à se battre contre les faux films et les faux professionnels. Ce cinéma a besoin de journalistes citoyens bien cultivés et bien informés, capables d’avoir une vision claire sur l’avenir de cette toute jeune industrie nationale. Les réalisateurs Marocains ont besoin d’interlocuteurs avec qui échanger des idées sur leur art et des informations sur le cinéma en général.
Depuis plus de 15 ans, plus les films Marocains avancent, aussi bien au niveau de leur quantité que de leur qualité, plus ces journaleux s’acharnent à régler des comptes personnels et obscurs avec leurs auteurs. Par ces écrits, ils appauvrissent l’analyse et la critique et enrichissent la polémique stérile qui crée les animosités, les inimitiés et la nervosité relationnelle qui caractérise de plus en plus les rencontres et les contacts.
Malheureusement, depuis quelques temps nous assistons à une recrudescence de ces attaques qui s’adressent plus à l’individu qu’au film, attaques qu’il faut bannir de toutes nos pratiques, qu’il faut décrier et combattre avec force et témérité. N’en déplaise à leurs auteurs….
Le cinéma marocain et les films marocains qui ont bâti un historique, un patrimoine et des références reconnues par tous vivront avec ou sans eux.
Il faut savoir que si on s’attaque plus facilement à l’artiste plutôt à qu’à un autre corps de métier, notamment le politique, c’est d’abord et avant tout parce que l’artistique est FRAGILE avec tout ce que ça englobe de sens: sensibilité, fragilité, tourment, etc ; parce que aussi, il s’organise mal pour mieux se défendre, alors il est temps de dire stop, STOP. Il est temps que les professionnels se prennent en charge pour mener un combat contre ce genre de comportements, contre cet obscurantisme déguisé en nationalisme ou patriotisme de déplacés. Car le cinéma est un art contemporain par excellence. C’est un moyen d’expression fort, complet, relationnel et populaire. Ceux d’entre nous qui l’on choisi, apprivoisé et utilisé pour exprimer leur tensions internes et celles de leur société cultivent le sens du devoir, le devoir du civisme et l’amour de la liberté.
Ceux qui utilisent l’obscurantisme, l’intimidation, l’asservissement et la peur comme arme pour faire fléchir les artistes appartiennent au passé et seront balayés comme ont été les inquisiteurs du moyen âge.
Les cinéastes marocains qui appartiennent au présent conscients de ces potentialités et du futur prometteur par ces couleurs défendront leur art de toute leur force pour faire jaillir les perles et les roses demain. Le principe du cinéma en lui même démystifie le discours populiste ambiant. Un discours faussement moralisant et articulé sur une vision vague du « réalisme » et du « l’historicisme ». Ce serait un contre-sens insensé de dicter à un réalisateur ce qu’il doit faire dans la création. La création bien entendu n’est pas acte d’imposition mais acte de liberté.
L’intention de vérité du cinéma est donc qu’il va de l’abstrait au concret et tend au contraire à se concentrer sur la densité affective et spirituelle de l’image. Les exemples pourraient être multipliés pour illustrer à la fois la richesse et la diversité étonnante des réalisateurs Marocains. Rappelons qu’on ne peut sans préjudice distinguer abstraitement forme et contenu du film, et suggérer que le cinéma marocain aurait son objet bien délimité (son contenu), et que la variation des formes qu’il se donnerait pour en rendre raison serait une simple affaire de style. Contre ce « formalisme » abstrait, il faut rappeler que toute forme est forme d’un certain contenu, et que les deux ne sauraient sans fausseté être traités de façon indépendante : les deux n’existent qu’en formant une irréductible dualité en devenir, n’existent que dans et par leur relation, bref, que comme totalité ouverte, à l’image de la réalité et du politique. Il serait aberrant de ne pas voir dans ce qui se fait actuellement un cinéma potentiellement en devenir et en puissance. D’autant plus que la société et les pouvoirs publics s’investissent dans le processus de la création de ce cinéma. Ce qu’il faut espérer c’est que les politiques et la société se mobilisent davantage pour ce faire.
N’oublions pas qu’il a fallu au Maroc 30 ans pour former à peine une vingtaine de réalisateurs, alors qu’en dix ans il en a formé 5 fois plus, c’est dire que notre cinéma progresse qu’on le veuille ou non.
COMMENTAIRE:
on voit a quel point le microcosme etrique de laprofession est prompt a reagir chaquefois que ce qu il considere comme son interet vital est menace.bref, vous ne faites que vous accrochez avotre bout de gras.
Bakkar : bakkar751@hotmail.com
Commentaire :
Bien qu’ayant participé à quelque films marocains,je vie actuellement en France d’une “pension de retraite française confortable”. Je n’ai donc aucun intérêt vital à défendre, mais je me joins à ceux que bakkar qualifie de “microcosme étriqué” pour condamner une compagne abjecte et sans fondement.
Allal Sahbi : allal.sahbi@wanadoo.fr