une histoire du cinéma au Maroc
Les débuts du cinéma au Maroc datent de l’époque coloniale. Mais les Marocains n’y furent nullement associés. Ainsi, les frères Lumière tournèrent plusieurs petits films au Maroc en 1896.
1896 : Les opérateurs des Frères Lumière tournent des « vues animées » au Maroc
1897 : Première projection de films au Palais Royal de Fès grâce à l’initiative du photographe du Sultan Gabriel Veyre, qui tournera plus tard des films sur le Sultan et sa Famille.
1907 : Felix Mesguich filme des débuts de l’agression française contre le Maroc. Mesguich, opérateur algérois, est délégué par les Frères Lumière. il se livre à la première expérience de film militaire au Maroc.
1913 : Tournage des premiers courts métrages au Maroc. La ville de Taza vit la première expérience.
1919 : Tournage du premier long métrage de fiction, intitulé « Mektoub » et réalisé par Jean Pinchon et Daniel Quintin. Les lieux de tournage sont Casablanca, Marrakech et Tanger.
1924 : Tournage des « Fils du soleil » de René Lesomptier. C’est le début du cinéma colonial suite à la défaite de l’armée espagnole lors de la bataille d’« Anoual » dans le Rif. Désormais le cinéma occidental devient colonial.
1934 : Tournage de « Itto » de Marie Epstein et Jean-Benoit Levy. C’est le premier film parlant presque entièrement une langue locale.
1939 : Création à Casablanca du premier laboratoire de développement : Société « Cinéphone »
1941 : Mohamed Ousfour tourne sa première série de films inspirée de la légende de Tarzan. Son lieu privilégié est la forêt de Sidi Abderrahman, dans les environs de Casablanca. Il était à peine âgé de 15 ans.
1944 : Création des Studios Souissi à Rabat qui s’étendent sur 17 hectares. Ils étaient équipés d’une infrastructure complète pour la réalisation de film (plateaux de tournage – laboratoires de développement – Loges – Auditorium – Ateliers – etc). 1944 : Création du Centre Cinématographique Marocain chargé du contrôle du secteur du cinéma (Production – distribution – exploitation – réglementation).
1946 : Réalisation du premier long métrage de production entièrement marocaine : « Yasmina » de Jean Lordier par les studios Souissi.
1948 : André Zwobada tourne « Noces de sable » auquel participe la société chérifienne des phosphates. Le film est basé sur une légende du Sud. Le commentaire est dit par le poète Jean Cocteau.
1949 : Orson Walles tourne à Mogador (Essaouira) les premières scènes de « Othello ». Le tournage se prolonge à Mazagan (El Jadida) et Safi.
1952 : « Othello » obtint la Palme d’Or au Festival de Cannes au nom du Maroc, en reconnaissance envers les habitants de Mogador qui ont contribué à la réussite du film, de la part du grand Orson Welles.
1955 : Alfred Hitchcock tourne à la place Jamaâ Lafna et dans les environs de Marrakech, une partie de son film « L’homme qui en savait trop ».
1955 : Tournage dans les jardins des Oudayas et dans les Studios Souissi du film « Le médecin malgré lui » par Henri-Jacques. Le film est une coproduction entre le Maroc, la France, l’Egypte et le Liban. Une pléiade d’acteurs marocains fait partie de la distribution.
1955 : Sorti de l’IDHEC (Institut des Hautes Etudes Cinématographiques) du premier cinéaste marocain : Ahmed Belhachemi.
1956 : Mohamed Ousfour tourne à Casablanca, le premier long métrage réalisé par un Marocain, « Le fils maudit », joué par un presdigitateur : Mohamed Lagnous. Le film n’obtint son visa de contrôle qu’en 1958.
1957 : Réalisateur du premier moyen métrage d’après indépendance : « Le collier de Beignets », sous-titré « Brahim », par Jean Flechet.
L’acteur principal est Hassan Skalli. Le film est produit par le ministère de l’Information est présenté au Festival de Berlin la même année, en présence de l’émissaire du Roi, Ahmed Reda Guédira.
1958 : Création des « Actualités marocaines », diffusées en avant programme dans les salles et dans plusieurs langues.
1958 : Ahmed Belhachmi est nommé directeur du C.C.H, à la place de Henri Menjaud, Belhachmi est réalisateur, metteur en scène de théâtre, écrivain, poète et acteur. Son rôle dans « Oedipe-roi » de Pier Paolo Pasolini est resté mémorable. Il maîtrisait pas moins de 7 langues. Après une riche carrière diplomatique, il vit en exile en Suisse.
1959 : Réalisateur du premier long métrage dans les normes professionnelles : « Le violon » par Ahmed Belhachmi. Le film est joué par Saïd Afifi est resté inachevé. 1963 : Publication de la première revue de cinéma au Maroc : « L’écran marocain », éditée par le ciné-club « Image et Son » à Casablanca.
La revue consacrera un dossier sur le cinéma marocain dans son 4ème numéro, en 1964.
1963 : Réalisation de « Nuits Andalouses » de Larbi Bennani. Ce film n’obtint pas moins de 23 prix dans les festivals internationaux.
1966 : La revue « Souffles », dirigée par le poète écrivain Abdellatif Laâbi, publie un dossier et une table-ronde sur le cinéma marocain.
1966 : Youssef Chahine tourne au Maroc « Sables d’or » avec Fatine Hamama et Abdelwahab Doukkali. Le film est coproduit entre le Liban et l’Espagne.
1968 : Réalisation de deux longs métrages :
« Vaincre pour vivre » de Mohamed Tazi et Ahmed Mesnaoui
« Quand Mûrissent les dattes » de Larbi Bennani et Abdelaziz Ramdani
1968 : Installation des laboratoires Aïn Chock à Casablanca.
1968 : Organisation du premier festival d’envergure internationale au Maroc (Festival du Cinéma Méditerranéen)à Tanger sur initiative de Omar Ghannam, directeur du C.C.M.
1970 : Tournage de « Wechma » (Traces) de Hamid Bennani. Le film est un succès sans précédent. Le cinéma marocain est désormais reconnu à l’étranger. Le film est lauréat de nombreux prix.
1970 : Publication de la revue « Cinéma 3 », porte-parole de la fédération marocaine des ciné-clubs. Le directeur en est le critique Noureddine Sail. Hamid Bennani publie régulièrement une analyse sur l’œuvre de Luis Bunuel.
1972 : Souheil Benbarka, lauréat du Centre expérimental de Rome, réalise à Marrakech et environs « les 1001 mains » sur l’exploitation des enfants dans l’industrie des tapis.
1973 : Création de la Fédération National des Ciné-Clubs du Maroc (F.N.C.C.M).
1975 : Moumen Smihi achève « Chergui ou le silence violent » un autre succès critique. Le cinéma marocain s’affirme progressivement. Le film est primé dans bon nombre de festivals.
1977 : Tenue des premières rencontres du cinéma africain à Khouribga, sur initiative de la FNCCM.
1978 : Tournage de « Alyam, Alyam » d’Ahmed Mâanouni une sorte de cinéma vérité, dans la pure tradition de l’INSAS, dont est issu Maânouni.
1978 : « Breche dans le mur » de Jilali Ferhati, participe à la « Semaine de la critique » à Cannes.
1979 : Ahmed Bouanani, monteur, écrivain et poète, réalise : « Le mirage », un pur chef d’œuvre visuel. Le cinéma marocain gagne un véritable acteur, Mohamed Habachi.
1980 : Création du Fonds de Soutien (devenu le fonds d’aide à la production cinématographie nationale). Le cinéma marocain franchit une nouvelle étape. Le taux de production s’améliore nettement.
1982 : Tenue de la première édition du Festival national du film, à Rabat, sur initiative du CCM et des chambres professionnelles, où « le Mirage » est consacré meilleur film.
1991 : Organisation du premier colloque sur le cinéma, à Meknès, tenue en marge du 3ème Festival national du film.
1995 : Le 4ème Festival national du film, tenu à Tanger, consacre le court métrage.
2001 : Naissance du Festival international du film à Marrakech.
2002 : Tanger abrite la première édition du festival du court métrage méditerranéen
2005 : Décès du cinéaste Mohamed Ousfour à l’âge de 78 ans.
2006 : « L’enfant endormi » de Yasmine Kassari est le film marocain le plus primé du monde. Pas moins de 40 prix internationaux.
Pour plus d’info: http://www.ccm.ma/cinematheque/tab_fr.htm